THE OREGONIAN **

13 Jan

the oregonian

2sur5  Grâce aux contacts de son réalisateur, The Oregonian est parvenu à sortir en salles en 2012, alors qu’il s’agit d’un produit expérimental sans le moindre argument solide en sa faveur : pas d’auteur ni d’acteurs fameux (Robert Longstreet a une toute petite notoriété, sinon rien) même chez les amateurs de cinéma underground, pas de promesses particulières, pas de thématiques sulfureuses ni même identifiées. Le film est demeuré très peu vu et connu mais est tout de même chez les pourchasseurs d’OCNI un des opus les plus cités au début des années 2010.

C’est WTF avec les moyens du bord et une jeune femme, incarnée par Lindsay Pulsipher. Accident de voiture, à la campagne. Le son déraille, bourdonne ; voilà une dame en rouge bien étrange ; puis Lindsay s’écarte de la route pour s’égarer en forêt. Elle arrive dans un village désert l’arme à la main. Hypothèse évidente : elle est morte ou au seuil de la mort. D’autres théories peuvent circuler mais elles ne pourront apporter d’éclairage plus solide que sur les nombreux éléments balancés sans justification.

Parmi ceux-là, une bonne tranche de délires triviaux transformés par une bonne grosse défonce. L’exemple le plus édifiant est celui du type descendant de voiture pour pisser : l’urine jaune coule, du sang, puis du ciment.. S’ensuit un long plan fixe face à la route (en mode Lost Highway sale – avec autoroutes pour gueux) avec les soupirs du gros porc et ses commentaires sur la bouffe entre deux râles. The Oregonian est autant un possible foutage de gueule qu’une tentative d’OCNI impénétrable assez branque et franchement moche, mais réussissant souvent à être glauquement ridicule à un degré assez fun.

Lorsque Lindsay débarque chez le porc à l’auto, là Oregonian devient le nanar psyché total. La scène avec les femmes en convulsions crachant de la peinture est une sorte de trip electroclash assez médiocre mais bien costaud. Le géant vert type pub Cetelem révèle progressivement sa vraie nature et les témoins mystiques foireux défilent. Il y a de quoi s’agacer mais l’essai est réellement divertissant, qu’il soit bidon ou sincère importe peu. Calvin Reeder, qui avait déjà signé le court-métrage The Snake Mountain Colada en 2009, a un talent assez remarquable pour faire exulter la laideur.

Son espèce de bad trip n’est même pas dépourvu de sens. L’idée : sur la dernière ligne droite, réaliser la fin de la liberté, ressentir sa perdition avant de goûter à l’hilarité de la situation et devenir un monstre comme ceux qui nous menaçait. Dernière ligne avant de s’évaporer biologiquement, mais peut-être aussi au moment de renoncer à son ego. Le film peut être rapproché de certains Lynch ou d’Alice et la dernière fugue, pour les intentions plutôt que le résultat. Il semble beaucoup sous l’influence du réalisateur d’Eraserhead et fait plusieurs fois référence à Twin Peaks. Sa vérité est celle d’une Heure du Loup dans un gang de paumés destroy.

Note globale 51

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions… The Theatre Bizarre + Le sadique à la tronçonneuse + V/H/S 2

Voir le film sur StreaMafia

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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