DREAD (TERREUR) **

6 Jan

3sur5 Anthony DiBlasi gravitait déjà dans l’univers de Clive Barker ; c’est le producteur exécutif de Midnight Meat Train (qui a eu les honneurs du grand écran) et de Livres de Sang (sorti en direct-to-video). Avec Dread, il propose une nouvelle adaptation contemporaine de l’auteur de Hellraiser (participant à son retour en grâce de la fin des 2000s), ajoutant à la nouvelle, véritablement retranscrite dans la dernière partie, des personnages et intrigues occupant toute la première heure et ajoutant du sens à l’implosion finale.

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Le sujet est assez abstrait puisqu’il s’agit de la peur. Deux étudiants, un paumé nonchalant et un ténébreux impulsif, s’attellent, dans le cadre de leurs études de philosophie, à une thèse sur la peur, sa nature et sa diversité. Ils lancent un appel à témoignage et cherchent à collecter les expériences émotionnelles les plus intenses, éventuellement leurs mécanismes et les angoisses profondes communes aux traumas révélés. Mais pour Quaid, ce sujet est bien plus qu’une simple thèse ; c’est une occasion d’accéder à l’omniscience.

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Son obsession pour les zones d’ombres alimente le film : manipulateur et perturbé, assailli par des visions toxiques de son passé, il se comporte avec sa propre souffrance comme avec le reste du monde ; il veux tout savoir, tout voir, allez direct au climax, quitte à tout incendier. C’est lui qui entraîne les autres dans son aventure, lui qui creuse et refuse les confessions galvaudées et les serments formels. Finalement, il suscitera et filmera de près la peur, en provoquant la désintégration de tous ceux qu’il côtoie.

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La révélation par la destruction des défenses et l’atomisation des personnalités : cette thérapie de choc justifie une série B iconoclaste et gratuite. Le schéma est prévisible et le casting inégal, toutefois la performance sombre et exaltée de Shaun Evans, ainsi que le climat général et l’emphase suscitée pour les personnages gomment les réserves ; au demeurant, le visionnage est efficace et DiBlasi exploite habilement (et sans le moindre écart) la richesse de son sujet. Cet attachement aux drames personnels et à leurs conséquences psychologiques, de surcroît avec une approche simultanément viscérale et spéculative évoque vaguement Necromentia. Concernant DiBlasi, il a réalisé plus tard Cassadaga , avec Louise Fletcher (la méchante infirmière de Vol au-dessus d’un nid de coucou) et travaille sur des projets comme Missionary ou Paymon.

Note globale 56

Page Allocine & IMDB 

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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