LE SACRIFICE **

12 Déc

2sur5  Ultime film d’Andreï Tarkovski, Le Sacrifice a été tourné en 1985 avec les équipes de Ingmar Bergman, à l’occasion d’un séjour chez le cinéaste suédois. Les décors sont ceux de l’île de Fårö où habitait Bergman. Cet opus r apporte l’annonce de l’apocalypse vue par Tarkovski. Le cinéaste russe, souvent empreint de mysticisme, termine ainsi sa course dans un grand élan chamano-christique.

Dès le début Tarkovski ré-affirme sa radicalité avec une séance de contemplation de L’Adoration des mages de Leonard de Vinci, sur l’aria d’alto d’Erbarme dich de Bach, sans quasiment aucun mouvement ni aucune initiative supplémentaire. S’ensuit un interminable plan-séquence de près de dix minutes où deux types bavardent près d’un arbre. Nietzsche arrive dans la conversation. Le premier cinquième de ces 2h29 restera son pic de générosité en terme de paroles déversées. En laissant couler toutes leurs réflexions, les personnages laissent passer, dans le lot, des choses intéressantes : le monologue pour le salut de nos âmes d’Alexandre par exemple, ou plus dissonnant, les lamentations critiques de l’ancien acteur.

Les pérégrinations d’Alexandre traduisent le vertige de l’homme réalisant que lui, comme le monde entier, n’ont aucun sens, ou qu’au moins ce sens est d’une fragilité voir d’une frivolité terrifiante. Absorbé par son angoisse, il tente finalement d’imprimer sa marque, gesticulant pour exister et pour donner un dynamisme plus fort que ce vide à l’existant. Avec en même temps, une quête du dénument total, du lâcher-prise et de l’oubli de soi, non pour fusionner ou se fondre dans quelque chose de grand, mais se dissiper et être porté par le courant. Si ce n’était pas un message d’adieux, ce serait au moins le tournant d’un Tarkovski prêt à croire à la sérénité baignant un néant éternel, surmonté de quelques guirlandes religieuses.

Grâce à l’équipe de Bergman, la mise en scène est typée, plus aérée, plus forte, y compris dans le domaine du son. Ces ressources servent Tarkovski, lequel a toujours méprisé ouvertement la technique au bénéfice de l’art, mettant en pratique ce concept sacré, sans renoncer pourtant à forger une signature stylistique outrée. Le Sacrifice révèle donc un Tarkovski avec un peu d’allure et d’allant, passant par l’autocitation (lévitations du Miroir) et battant ses records en terme de plan-séquences (tout en étant bien moins inerte que Solaris ou extatique que Stalker). Les séquences d’hystérie sont totalement ratées ; il n’y avait pas besoin de ce genre de démonstrations molles mais criardes pour souligner la vacuité du contexte, le style tarkovskien s’en charge déjà naturellement.

Note globale 47

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…  Melancholia  

Voir le film sur Dailymotion ou VideoCourtesClic

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Tarkovski sur Zogarok >> L’Enfance d’IvanAndrei Roublev + Solaris + Le Miroir + Stalker + Nostalghia + Le Sacrifice 

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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