BEYOND THE BLACK RAINBOW **

5 Déc

2sur5  Fils de Georges P.Cosmatos, auteur de Rambo 2, Cobra ou encore Tombstone, Panos Cosmatos s’inscrit dans un registre très différent de ceux de son père. Bercé par une ambiance 80s et futuriste, son premier film est un pur caprice esthétique, une fumisterie psychédélique à la Altered States, mais en moins offensif et où l’axe formel occupe tout le terrain. L’ensemble se partage entre un professeur, ses manies délétères et son délire révolutionnaire ; le fruit des expérimentations avec cartes postales d’avant-garde ; le cobaye désespéré cherchant à se débarrasser de cette emprise.

Panos Cosmatos a voulu, dès son coup-d’essai, aboutir à si 2001. Même si on peut l’affilier à Kubrick, Tarkovsky ou même Winding Refn (on peut aussi penser à Cube et Tarsem Singh), son Beyond the Black Rainbow un produit autarcique, un voyage, avec peu de dialogues et des séquences fascinantes (comme la fuite proche du slasher), dans un climat onirique achevé.Les critiques US (assez peu convaincues par ailleurs) ont fait le parallèle avec les  »Midnight Movies », ces films expérimentaux ou étranges, se distinguant des triviales séries B folles ou malades par leur ambition, raffinement et originalité (autrement dit leurs qualités  »d’auteur » – Eraserhead et La Montagne Sacrée en sont des phares).

Conformément à ses souhaits, Beyond the Black Rainbow est une expérience visuelle unique (tout en rappelant souvent d’autres audaces dans le registre) avec un climax assez prodigieux en milieu de film (des côtés Begotten en couleur), malheureusement handicapée par un scénario évanescent. Cosmatos mime le génie, mais il n’a que le récipient. C’est dire combien il a fait une part énorme du chemin : toutefois le manque est flagrant et l’issue calamiteuse (qui sous des airs prophétiques se refuse à incarner, dire ou même réfléchir quoique ce soit) renforce ce fossé entre talent inouï et lâcheté foncière.

C’est une peut-être le cadeau d’un visionnaire en gestation ; mais pour le moment, c’est un adolescent manquant de recul. Le style est là : reste à assumer son inspiration et exposer ses inventions, plutôt qu’étirer un script dont on prend soin de maintenir l’opacité, sans donner le change, c’est-à-dire une matière consistante, ou au moins des pistes lucides, sinon des éclairs d’omniscience. Quel est le sens de tout ceci ? Cosmatos se le cache peut-être à lui-même et le définit au travers de ses convictions (il partage son dégoût de la génération des baby-boomers – leur prêtant les délires new age qu’il récuserait ici) ; mais dans son film, il n’y a pas de points métaphysiques à relier (plutôt des éléments très traditionnels à l’arrivée), ni de profondeur, seulement une illustration effusive de ce que lui conçoit. Sans trop le nommer ni l’arrêter, au cas où ça serait décevant. Mais la cécité organisée, même à échelle personnelle, n’engendre rien de mieux que la conscience du manque.

Note globale 53

Page Allocine & IMDB

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