COLDWATER ***

14 Oct

4sur5  Une nuit, Brad est tiré de son sommeil pour être embarqué vers un camp de rééducation privé, à la demande de ses parents. Ils ont peut-être alors les meilleures intentions du monde, c’est vraisemblablement un déchirement pour la mère de Brad : en tout cas, ils ont abandonné. Cette dernière solution n’est pas qu’une fantaisie de cinéma, c’est le reflet direct de ces structures controversées et répandues aux Etats-Unis où l’encadrement est libre. Le résultat de cette absence de contrainte légale, nous apprends-t-on au final, est une dizaine de morts recensés officiellement.

Malgré ce postulat et le petit carton en guise de révérence, Coldwater est assez faible comme pièce à charge. Son absence d’interprétation (la notion d’orientation idéologique est à des années-lumières) en fait un programme frustrant mais contribue indirectement à la qualité du produit. Vincent Grashaw raconte l’histoire pour elle-même et surtout, formellement, touche à la grâce. La séance est un vrai plaisir visuel et sonore et garde un pouvoir d’envoûtement profond quelque soit son manichéisme, la banalité voir la vacuité de son propos.

Grashaw pose un univers, utilise les archétypes grossiers les plus adéquats et déroule la technique. Il y a un petit côté Drive, somme toute ; celui-là était alourdi par des ambitions énormes finalement effacées par le pur exercice de style – et c’était le film du génie Winding Refn entre radicalité et ouverture. Coldwater lui, ne promet jamais rien, ne conceptualise pas une seconde. Sur le fond il ne porte donc pas de signature spécifique, évoquant d’autres séances sur la désespérance ou la jeunesse sacrifiée, des choses comme Bellflower. Dans son récit modeste, tout se tient.

Revers, il est un peu trop glamour pour son sujet ; d’ailleurs, il est bien prude concernant ses personnages, victimes, bourreaux ou salauds. C’est qu’ils sont sans passé et réduits à leur fonction. Pas d’intériorité dans ce cinéma, où chaque élément est intégralement soumis à l’environnement. Tout s’assimile avec succès grâce au soin remarquable accordé à cette surface démonstrative. Coldwater est raide, creux même, mais il va au-devant de la violence pour réussir une combinaison curieuse de force et de placidité. Donnée annulant globalement son statut de plaidoyer – ou alors Mysterious Skin est une propagande contre la pédophilie. Coldwater est l’extraversion éthérée faite film, c’est son unique et inépuisable richesse.

Note globale 72

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

Suggestions…  Dog Pound +  Prisoners + Only God Forgives   

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Cinéma en 2014 12 Years a Slave + American Bluff + Blue Ruin+ Dans l’Ombre de Mary/La Promesse de Walt DisneyDallas Buyers Club + Homefront + Joe + La Vie Rêvée de Walter MittyLa Voleuse de Livre + Le Loup de Wall Street + Le traitementLes Brasiers de la Colère +MaléfiqueOldboyPompei+Robocop + The Amazing Spider Man 2: le Destin d’un héros + The Canyons + Zero Theorem  (DEPUIS SDM 2)

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 Voir l’index cinéma de Zogarok

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Une Réponse to “COLDWATER ***”

  1. arielmonroe octobre 21, 2014 à 16:43 #

    Très beau mais très vide. Je dirais que je comprends pas trop cette fascination pour les images léchées et la superficialité assumée, mais je fais la même chose par exemple avec Byzantium que je viens de commenter. Donc en fait, je comprends en un sens.

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