THE RASPBERRY REICH *

11 Oct

1sur5  Bruce LaBruce est un petit baron du mauvais goût dont l’œuvre, aux accents pornographiques, développe une vision de l’homosexualité radicale et anti-consensuelle. Il s’est progressivement orienté vers le film de zombie (toujours gay), peu après ce Raspberry Reich, où une sorte de secte non-avouée tenue par quelques illuminés part en croisade contre l’hétéro-centrisme. Leur projet, le Raspberry Reich, vise à la révolution, donc en passant nécessairement par une révolution homo dans l’esprit de ces terroristes sexuels ( »Reich » en référence au sexologue Wilhelm Reich, qui a déjà inspiré Makavejev –Sweet Movie– pour ses Mystères de l’organisme).

C’est de l’anarchisme de cour de récré, si nul mais estimant probablement se justifier par l’auto-analyse. Le film prétend railler les activistes queer de l’ultra-gauche (et les grands courants de la gauche et de l’extrême gauche en général), sans se positionner par rapport à eux, se contentant de jouer avec ce sujet comme il joue à s’exciter et probablement, sinon à titiller la libido du spectateur, au moins à susciter sa curiosité et son amusement.

Bruce a essayé de donner un sens politique à son film et y incruste des citations, souvent factices, de Bush, tout en tentant de relier l’idéologie et les coutumes ou révolutions sexuelles. Des messages envahissent l’écran pour tailler les portraits des personnages ou révéler l’hétéro-centrisme rampant de nos sociétés, etc. Gags volontaristes à l’appui, les Cornflakes eux-mêmes étant contre-révolutionnaires, puisque tout est contre-révolutionnaire dans cet horrible monde normatif jamais suffisamment gay.

À côté, son Hustler White apparaît comme un chef-d’œuvre, une pépite du bis. L’ensemble s’étend dans des sketches débiles, de niveau Thomas & Benoît de Secret Story se la joue diva plouc désinhibée. Tous les effets sont immondes, écrasant en kitsch épais et en dégueulasserie une originalité malheureuse comme Action mutante de Alex de la Iglesia. La démarche a quelquefois des aspects  »rigolo » et on peut saluer son jusqu’au-boutisme ; et même la remercier pour quelques séquences généreuses, flattant tous les camps. Même avec sa petite séquestration  »sensuelle » dans le coffre d’une voiture ou le tripotage avec le doigt suivi de sodo servie par un montage syncopé (voir subliminal artisanal), l’ensemble est curieusement terne, autant qu’il est puéril et disgracieux.

Probablement Bruce pense s’attirer la haine. Mais ce qu’il réussit, c’est juste à ennuyer, comme un enfant venu présenter son  »caca » pour tourner l’attention vers lui. Et parfois, on a l’énergie de corriger cet enfant : alors que Bruce profite des moments de faiblesses de ses spectateurs et retourne à ses zooms sur pipes juteuses, au moins sa lourdeur servira à quelque chose.

Car quel est l’intérêt d’un tel film, flirtant avec le porno sans en avoir la matière qui nous intéresse, tout en échouant à apporter une  »valeur ajoutée » digne de ce nom ; et plus prosaïquement, à quoi bon alors que le porno est à disposition, lui qui va, sans détours ni minauderie, droit au but que cet impudent et présumé subversif Bruce LaBruce n’arrive pas à atteindre. Qu’il garde ses circonvolutions de pleurnicheuse trash.

Note globale 30

Page Allocine & IMDB  + Zoga sur SC

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Voir l’index cinéma de Zogarok

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