Archive | février, 2014

LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE ***

27 Fév

4sur5 Pas neuf ni sur la forme, ni sur le fond, mais pourtant tout à fait providentiel. Les Nouveaux Chiens de Garde, adaptation une quinzaine d’années après sa sortie de l’essai de Serge Halimi (1997 et 2012), ausculte avec férocité et précision l’état des médias en France. Ceux qui revendiquent transparence, pluralité et indépendance s’avèrent être dans leur ensemble liés au pouvoir ; au pouvoir concret (comme l’énonce FOG), celui du capital. Les faits sont là : les journaux, les chaînes de télévision, les radios, sont détenus par de grands groupes financiers, industriels, idéologiques. A l’intérieur, une offre compassée, où s’enchaînent les informations biaisées et les consultants au service du pouvoir agissant et réel : les polémistes labellisés et autres stars du débat le phagocytent, les querelles de chiffonniers écrasent les affrontements idéologiques et la prise en compte du réel par-delà les actualités diverses ou mineures.

Mettre le doigt sur le vrai pouvoir (les marchés), pas sa caricature déliquescente (l’État) : l’information comme propagande

Pour illustrer le propos, les co-auteurs (Gilles Balbastre et Yannick Kergoat) citent Paul Nizan et son brûlot Les Chiens de Garde (1932), où il dénonçait les intellectuels et philosophes de son époque comme des agents du pouvoir, leur parole présumée éclairée, engagée ou objective servant trop souvent de légitimation aux dominants de l’ordre social (que ce soit par appui délibéré, par opportunisme ou par complaisance). L’époque actuelle est ainsi mise en parallèle, où les médias et les sbires éditorialistes ou intervenants officieux sont les porte-paroles des tenants du marché.

A ce titre, le document révèle le grotesque avancé des journalistes contemporains ; et si ceux-là se moquent de leurs prédécesseurs soumis à un contrôle de l’Etat direct, ils ne sont pas plus indépendants et affranchis. En effet, alors que les informations sont présumées passer outre les réseaux d’influences, notamment alors que l’ère mitterrandienne des « radios libres » est venue achever la mainmise des dirigeants politiques sur les médias, la transmission de l’information et même sa conception n’en demeurent pas moins orientées. Simplement les faux-semblants sont plus subtils ; et surtout l’endroit du pouvoir sans partage n’est plus le même.

Pour le spectateur un peu averti, le film est moins un fournisseur de révélations qu’une compilation musclée (même s’il déroutera ceux qui ne se servent pas des contre-pouvoirs à disposition comme Internet). Son exhaustivité, sa pugnacité, son sérieux quand aux angles de vue et à leur traitement, mais aussi son didactisme, en font une sorte de condensé parfait, voir de bible. Concernant les écrans français, c’est le document à charge contre l’affadissement de la démocratie et la manipulation des opinions le plus achevé et radical. En comparaison, Pierre Carles (Pas vu pas pris sur la facticité de l’esprit Canal), bien que ciblant juste, se fourvoie dans la description de son processus, voir le fatalisme quand à sa propre impuissance (Fin de concession, sorti un an avant Les Nouveaux Chiens de Garde, est proche dans le thème, avec des références communes – le fameux dîner chaque dernier mercredi du mois au club du Siècle, réunissant la classe dominante française et ses réseaux d’influence).

La pensée unique, ses propagandistes, ses méthodes de persuasion

La démonstration se concentre sur la France : les auteurs y pointent les monopoles, étendus à l’ensemble des médias hexagonaux. Quelques grands groupes détiennent l’ensemble des canaux et des titres (s’en servant parfois pour une propagande directe en romançant leur puissance, à l’instar de Lagardère dans Vivement Dimanche ! entre Drucker et Elkabbach). L’information est vassalisée par les intérêts financiers ; preuves à l’appui, avec notamment le silence par la grand-messe du Jt de TF1 sur les affaires impliquant les employeurs liés de près ou de loin à la chaîne. Mais au-delà des simples amnésies sélectives, il y a aussi les distorsions du réel et plus encore, les consensus sur tous enjeux sociaux et économiques.

Un avatar de cette société de l’information sous perfusion se détache : ce sont « les experts » (Alain Minc, Attali, Michel Godet). Ils sont tous les chantres d’une mondialisation épanouie, d’un marché-libre profitant à tous, de la nécessaire épuration des entraves notamment politiques à ce marché. Sur cette lancée, Les Nouveaux Chiens de Garde expose les faux dissidents de service (à l’instar de Laurent Joffrin, l’anar teigneux labellisé) et les tromperies sur marchandise avec l’ensemble des journaux rangés au service du même corpus d’idées. Ainsi les journaux « de gauche » (ils s’en réclament encore et incessamment) Le Monde et Libération sont des organes de persuasion visant à conquérir des corps sociaux réfractaires à l’ordre établi ou en marche (on peut discuter : quelque soit sa pénétration actuelle, c’est celui de la finance) et au réformisme néolibéral sur le terrain économique. Les rebelles présumés, se voulant virulents dans l’attitude (Joffrin) ou détournés pour leur réputation (Michel Field) servant de label dissident, audacieux, autrement dit de caution progressiste. C’est l’occasion de relever combien les faux « impertinents » sont souvent des ex-libertaires ou anarchistes (Philippe Val).

Les Nouveaux Chiens de Garde aurait pu prendre de l’avance en étendant son registre à Internet, car la démarche y est la même. Par exemple, le magazine Slate, manne d’informations extrêmement denses, souvent éclairées, parfois alternatives, est cependant toujours cadenassé par les idéologies dominantes, au-delà de l’apparat progressiste (et de complaisances de combats ou de partis-pris inoffensifs et outranciers).

Ces journalistes, ces spécialistes, sont les notables au service d’intérêts privés ou les représentants de grands groupes. Leur intelligence consiste à mâcher le travail de leur employeur ; et un cerveau honnête et demandeur s’imbibant de leur prose ne peut qu’être perverti et floué dans sa pensée. Cette propagation unilatérale de la pensée néolibérale et de ses arguments est à l’image du phénomène Tapie, mais dans une version sophistiquée ou professorale, où les médias sont tapissés de pédagogues de la mondialisation vertueuse et du « no alternative », non plus seulement en stimulant le désir ou l’identification, mais en invoquant le pragmatisme.

Balbastre et Kergoat dressent ainsi un tableau de la démocrature avec des exemples forts. Ils montent aussi que les anti-conservatismes et anti-idéologies (c’est peu ou prou la posture des « experts » et des débatteurs, pour assurer leur indépendance d’esprit et de parole) sont dans le déni de réalité, forçant l’acceptation et même la célébration dogmatique en se montrant indulgents envers un modèle même lorsqu’il est pris en défaut. Ainsi la crise entamée en 2008 n’est pas une entrave pour eux. Les experts sont convoqués plus encore pour marteler et démontrer par l’absurde que le modèle n’est pas le problème ; mais que le hic c’est bien l’archaïsme français, l’inadaptabilité de nos mœurs économiques.

La diversion par le fait divers

Les Nouveaux Chiens de Garde évoque avec moins d’habileté les diversions permettant aux médias d’occulter le social et l’économique, en se concentrant sur la focalisation des télévisions sur les faits divers, les drames et violence, la délinquance. Si ce mouvement est authentique et sa dénonciation adéquate, il n’est qu’un ingrédient parmi d’autres. L’œuvre semble alors flirter avec le point de vue selon lequel l’insécurité sert à compenser le manque d’action politique ; le film aurait pu aller plus loin, d’abord en effleurant les stratégies du pompier pyromane (dont les contributions aux tensions civiles sont un bon exemple), ensuite en reconnaissant la violence réelle, sujet dont il ne traite pas pour lui-même.

Néanmoins le film pointe juste, en faisant de la course à la sécurité le masque de la bourgeoisie libérale ; les créations ou montée en pression autour d’affaires glauques, le dénigrement de population entières en alimentant des fantasmes (notamment sur les perversions des damnés de la Terre, boucs-émissaires parfaits) sont légion. La dénonciation de ces récupérations par l’instillation de la peur généralisée (outil sur-mesure pour contaminer les consciences et inhiber l’action sociale) est un fait brillant du film ; dommage qu’il ne suggère pas les communautarismes réels qui s’exercent, ainsi que la violence qui se déploie effectivement, souvent justement à cause des effets de ce néolibéralisme institutionnalisé.

Comme le dit le délégué syndical de Continental interviewé par Pujadas (21-04-2009), « qui sème la misère récolte la colère » ; et voilà le point à explorer davantage car il est la clé de tout. Ce sujet réel et essentiel, le film l’envisage, tout en laissant un moment suggérer un point de vue relativiste à l’égard de la montée de la violence et du désarroi repérables ; mais qu’il s’agit ensuite d’expliquer en saisissant les causes (formation de ghettos, paupérisation des classes populaires, perdants et jouets du néolibéralisme et de la Globalisation au chevet des puissances pré-établies et illégitimes) ; les mécaniques sont trop vaguement esquissées au profit de la charge contre leurs promoteurs ou déclencheurs. Ce n’est pas un vrai défaut, mais c’est le seul notable du film. En outre, si les médias devenus « flics » se montrent anti-ouvriéristes, c’est parce que leur cynisme et leur partialité est organique : il ne découle pas de quelques biais éparses, mais bien d’impératifs suprêmes.

Les Nouveaux Chiens de Garde ouvre les pistes essentielles et fournit les bonnes balises. C’est un grand document sur les totems de l’information, du traitement de l’idéologie en France (et dans le Monde dans une moindre mesure) depuis l’avènement du néolibéralisme. Brocardeur du « système » tel qu’il est, c’en est un fleuron et un décodeur magistral.

Note globale 77

Page Allocine

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Le réalisateur en ITW dans « Ce Soir Ou Jamais »

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NON MAIS ALLOCINE

26 Fév

Le blog Hannah-lafargue vient d’être ouvert et il compte déjà une cinquantaine d’extraits de critiques reprises sur Allocine. Il s’agit d’une compilation des « pires critiques de bons films ».

Petit doute : les critiques sont-elles authentiques ? Aucune n’est invraisemblable ni excessive (ce n’est pas le meilleur du pire des bacheliers), mais -heureusement pour les auteurs- il faudra éplucher les longues listes d’Allocine pour retrouver la source. 

Un best-of :

 Ce film ma hanté toute mon enfance de la mataernelle jusqu’au CM2. Donc j’ai le temps de le détestter dans ses moindres recoinds. 

Kirikou

 Les dialogues semblent avoir été écrits par des “Kevin”. 

The Green hornet

 Le film de Kurosawa m’est apparu comme un interminable pensum où l’on voit des petits Japonais courir dans tous les sens en agitant les bras. 

Les Sept samouraïs

 Alors voilà, l’esprit critique de certains spectateurs est annihilé par la seule vision de Cary Grant, c’est lamentable. D’un point de vue purement esthétique, ce film est à l’égal d’un Coluche tant le cadrage est négligé, les plans faits à la va-vite et les couleurs délavées. 

La Mort aux trousses

 Heureusement que le film de Tim Burton sortait un mois plus tard. 

Charlie et la chocolaterie (1971)

 On m’a dit que ce film était choquant à souhait, alors j’étais paré à passer un réel bon moment. Et là… Nous ne sommes pas choqués. 

Elephant

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Et ma préférée (pour le moment) :

 Qu’est-ce que c’est pénible ce genre de cinéma avec un chien qui court après une carriole et des types en costume crado et avec deux dents sur de la musique tzigane. Tout ça pour flatter “Télérama”. 

Le Temps des Gitans

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Le blog >> http://hannah-lafargue.tumblr.com/

DE RETOUR POUR MINUIT *

24 Fév

1sur5  Film dégénéré. Rappelez-vous du petit sketch dans Tueurs Nés, pervertissant les soap en explicitant toute l’horreur qui aurait constituée le non-dit d’un drame familial. Le bonhomme alcoolique, mari bourreau et père incestueux était Rodney Dangerfield, avec sa tronche si prodigieusement folklorique, dont la laideur pittoresque balaye les efforts d’un Jean Roucas.

Sans lui, le film serait assez ennuyant, car il lui donne tout son relief. On le retrouve ici dans son dernier rôle, quelques mois avant sa mort (2004). Il incarne Jake Puloski, un directeur de prison. Mais une gentille prison, sans vrais méchants, seulement des petits voyous qui dans le pire des cas on fait de mauvais choix. On s’attend à un centre aéré : erreur, l’intrigue n’est pas là. Le contrat de Jake n’a pas été renouvelé et il va s’appuyer sur quatre prisonniers pour mener un plan contre son richissime patron, reprendre la prison et en faire un club social pour criminels.

On s’en fait une idée. Mais c’est au-delà. Peu importe ce qu’elle est, Back to Midnight est au-delà, au-delà du nanar commun, au-delà de l’univers de Vincent Lagaff. Pour situer, le Bigdil est un reportage ordinaire et vaguement plombant asséné par le service public dans ce monde-là. Peu de bruitages et d’artifices cependant, tout est dans le scénario et les performances d’acteurs.

Par exemple, un type, Oreille, a d’immenses oreilles en plastique ; un autre est surnommé Débile et honore son titre. L’humour est du niveau des bande-annonce Adam Sandler dans South Park. C’est un film d’une beaufitude si accomplie qu’elle en vient à s’auto-parodier. Et la VF vient souligner le tout. C’est la clé du film ; il joue à fond chaque note, dans chaque détail, alors qu’initialement elle est déjà obscène et idiote. Pas de simples répliques nulles par exemple. Non, ce film n’est pas fabriqué par des gens dépourvus de talent, il est directement démoulé par une bande de potaches désinhibés au dernier degré. C’est vulgaire et moche au possible, on se croirait dans un monde régi par les lois des Deschiens.

Tous ces films minables comme Les Tuche ou Boule & Bill consternent toujours par leur médiocrité, leur absence d’inspiration, la brutalité et les facilités de leur écriture. Mais un film comme celui-ci les dépasse, car il ne prend pas de gants et va droit à la bêtise pure. En un sens, il est plus réussi qu’eux. Car on éprouve une plus grande tolérance pour une calamité pareille destinée aux bacs à zedderies absurdes ; que pour des productions à vocation comiques présentées avec une certaine emphase ou mobilisant les moyens d’un film normal. D’un point de vue technique, la mise en scène est télévisuelle, avec quelques plans dégueulasses, en particulier des plongées ou contre-plongées sur le propriétaire. Notons aussi la présence d’un guest annonçant Le Singe Funky, production suivante de Harry Basil, sans son acteur fétiche décédé dans la foulée.

Il faut donc regarder De retour pour minuit en espérant voir repoussées les limites de la beaufitude, parce que c’est son job, qu’il l’annonce cash et que cette attitude là, si elle ne le récupère en rien, le rend au moins humble et honnête, jouant dans son pré-carré. Par conséquent, De retour pour minuit est bien une sorte de gros déluge d’humour gras, de burlesque pachydermique, de gags sur le sexe et même zoophiles, puis naturellement de vannes scato en folie (avec un gros pet dès la quatrième minute – et, il faut bien l’avouer, peu par la suite). Il tient ses promesses. Le pire sera là. Le problème… c’est qu’on en prend pour 89 minutes. Beaucoup trop par rapport à la simple jouissance d’avoir trouvé une épave de cette ampleur. Mais ça en vaut la peine !

Note globale 18

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Suggestions… Les Tuche 

Note arrondie de 15 à 18 suite à la mise à jour générale des notes.

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MUSIQUE DE GAUCHE, MUSIQUE DE DROITE : SÉQUENCE 2

22 Fév

Il y a quelques mois, je vous invitais à déterminer la catégorie politique que vous évoquait une musique. Nous avons vu que certaines corrélations sont spontanément effectuées : Era et Tchaikovsky semblent marqués à droite dans les esprits, Philippe Katerine et Shy’m à gauche.

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Un autre clivage s’ajoutait à l’éternel Droite/Gauche ; Libéral/Antilibéral. Ainsi, si le Gangnam de PSY est relativement ambidextre sur le terrain droite-gauche, il vous apparaît comme clairement libéral. Au contraire, An Ending de Eno dégage une aura plutôt  »antilibérale ». Cette première session a confirmé une évidence : tout fait sens, les connotations sociales et éthiques sont partout.

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Musique de Gauche, Musique de Droite reprend donc : le concept reviendra régulièrement et sera étendu à d’autres domaines dont, naturellement, le Cinéma. 

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Attention, les morceaux qui vont suivre sont parfois très méchants (à quand Jacky Sardou sur Zogarok !?). Je vous prie de saluer mon dévouement pour ces recherches expérimentales – et de me pardonner les égarements occasionnés 😉

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MICHEL POLNAREFF – GOODBYE MARILOU

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SNIPER – NIQUE LE SYSTÈME

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MICHEL SARDOU – LACS DU CONNEMARA

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ETHER/SEI A – HOTEL COSTES 12

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JAMES LAST – MITTERNACHTBLUES (MIDNIGHT BLUES)

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FRITZ & PAUL KALKBRENNER – SKY AND SAND

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LA MARSEILLAISE

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Rappel du principe : classez les titres selon ce qu’ils vous évoque (à Gauche ou à Droite).

Pour plus de subtilité, faites la distinction : le titre vous inspire-t-il un climat, une vision du monde, des personnages, aux inclinaisons Libérales ou Antilibérales* ?

* Par là il faut entendre une conception égalitaire-relativiste (Libéral) vs une conception hiérarchique de la culture et des valeurs (Antilibéral), autrement dit neutre vs positif

Les Gauche/Droite libérale sont donc plus indifférenciées et passives dans leur vision du Monde ; les Gauche/Droite antilibérale sont plus normatives et « conservatrices ».

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ROBOCOP 2014 **

18 Fév

3sur5  C‘est une petite chose ridicule par rapport au Robocop de 1987, mais comme c’est assumé et que le chemin pris n’est pas le même, on peut estimer que tout est à sa place. En effet, les auteurs revendiquent un film autonome qui cherche la déférence à l’original en visant la qualité technique au sens large. Par conséquent, les deux films ont peu à voir, celui-ci est un reboot, en rien un remake. Faire écho au Robocop de Verhoeven consiste pour les auteurs à concéder quelques clins-d’œil aux fans et actualiser l’habillage.

Mission accomplie, car les aventures du brave Alex Murphy muté en Robocop donnent lieu à de belles parades numériques agrémentées de quelques promesses pour l’esprit, tenues d’ailleurs, mais c’est bien vers la performance pure que le film s’oriente. Et il en résulte un excellent divertissement, du cinéma pop-corn équilibré et intelligent. On pense un peu au travail de Neil Blomkamp, où une virtuosité pure et lisse gommerait sa candeur enflammée. S’y ajoute une dimension satirique amusante portée par Samuel Lee Jackson, mais elle est un fébrile reflet à la farce façon Verhoeven et ses intentions sont au mieux peu profondes, au pire complètement embrouillées. Le dénouement renchéri sur cette indécision bizarre côté socio-politique.

Pour superviser ce projet, les studios ont mandaté Padilha. Connu pour ses deux Tropa de Elite à la violence réaliste et sans pudeur, le cinéaste brésilien est un gage en matière d’efficacité. Toutefois son emprunte est ici mineure et il est au maximum le gestionnaire de ce produit rutilant, dont il n’a pas signé le scénario et qu’il n’a eu qu’à coordonner. Naturellement ce label est trompeur car Robocop 2014 n’est pas un film politique. Ses auteurs ont donc raison de le vendre comme un produit lâchement affilié à son modèle officiel et surtout très musclé. C’est ce qu’il est et ça lui va bien. Robocop 2014 est raffiné dans son registre, sans être du tout visionnaire. 

Note globale 60

Page Allocine & IMDB + Zoga sur SC

Suggestions… District 9 + Elysium + Avengers

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