DOG POUND ***

12 Juin

4sur5 Ostensiblement sinon inspiré, au moins dans la lignée de la série Oz ; et étroitement adapté du film Scum, Dog Pound est le second film de Kim Chapiron après Sheitan, son survival grand-guignol. Situé quelque part entre Calvaire et Macabre, ce film fréquentable mais passablement indigeste apparaissait comme une honnête carte de visite et nourrissait beaucoup d’espoirs, car Chapiron y insufflait une énergie et une liberté de ton remarquables, bien que tournant à vide.

Avec Dog Pound, le cinéaste conserve et affine ces marqueurs, tout en abandonnant son obstination à se jouer des règles de narration et de vraisemblance ; ce film de prison ressemble également à un film-puzzle, brassant une foule d’anecdotes vivaces, mais il suit néanmoins une ligne claire et invoque l’attention et les tripes, non simplement la délectation bis. Dans le contexte d’un pénitencier pour mineurs, Kim Chaperon met en scène des machos pathétiques, trop vite sortis de route. Il ne s’attarde pas sur les motifs de leur arrivée, pas plus qu’il ne se complaît dans la peinture nihiliste ou racoleuse ; d’ailleurs, les écueils du genre ne sont pas là, il n’y a ni misérabilisme ni complaisance malsaine.

Naturaliste et sophistiqué, Dog Pound est le fruit d’une année de documentations et d’investigations. Chapiron et son co-scénariste Jérémie Delon ont visités des centres carcéraux du Midwest américain ; c’est au contact des jeunes prisonniers qu’ils ont forgé le film et l’ont émaillé de digressions pertinentes. Dog Pound réussit ainsi une immersion totale dans un univers, auprès de quelques figures-clés, de leurs expériences et impératifs quotidiens. L’instinct, non pas de survie, mais d’affirmation et de négation de tout drame, de ces garçons est prégnant et contagieux. Autour d’eux, un encadrement parcouru par une empathie discrète et tenant grâce à un fatalisme bienveillant, mais aussi des cerbères sans âmes pour cogner aux moments opportuns. Dog Pound ne pardonne ni n’incrimine, il se résigne simplement, avec humilité et élégance, à affronter la réalité de son sujet. Sans chercher la moindre profondeur, puisqu’elle n’est de toute façon pas permise ni audible dans un tel lieu et que tout ce qui est à savoir est déjà nu et à la vue de tous.

Note globale 71

Page Allocine

Suggestions… Animal Kingdom + Hunger + Pusher II + De rouille & d’os + La Haine + Seul contre Tous

Aspects défavorables

Aspects favorables

* rien de nouveau dans le sujet

* bien qu’absorbant, le film n’est pas spécialement intense – mais c’est aussi en raison de son réalisme

* un film fort, sans mensonges, sans déguisement

* équipe d’acteur brillants

* qualité de la mise en scène, esthétique et sèche

 .

 Voir l’index cinéma de Zogarok

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3 Réponses to “DOG POUND ***”

  1. wilyrah juin 16, 2013 à 23:15 #

    Je l’avais vu par hasard un soir, tardivement, j’en garde un très bon souvenir. Un film frappant sur l’incarcération des jeunes. A voir ! 8/10 pour moi.

    • zogarok juin 18, 2013 à 00:19 #

      Même chose, je l’ai vu « en passant », en tombant dessus ; pour ceux qui voudraient le voir, j’ai inséré un lien streaming qui fonctionne sans limites de temps.

  2. selenien juillet 2, 2013 à 12:57 #

    Beaucoup aimé ce film, un uppercut assumé et assuré. Sans misérabilisme ni jugement hâtif… 3/4

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