HAUTE TENSION ****

20 Sep

4sur5 2002 : le cinéma horrifique est au point mort dans l’Hexagone et la tentative Promenons-nous dans les bois n’a pas su inverser la tendance, puisqu’au contraire et selon une symphonie de critiques accablantes, elle achevait de démontrer l’impuissance française à s’incruster dans le cinéma de genre. Alaxandre Aja débarque alors, après son discret essai Furia et va combler les attentes des cinéphiles. La critique ne va pas mesurer l’ampleur de la réussite en puissance, le public allègrement la snober ; à l’étranger, c’est un succès. Cela conduit Alexandre Aja à migrer aux Etats-Unis ou il tourne le remake de La Colline a des Yeux ; plébiscite mondial. Mais c’est trop tard ; la France vient de perdre un potentiel lieutenant de la vague horrifique qui s’apprête à timidement émerger avec des auteurs comme Du Welz ou Laugier, faisant le bonheur d’une certaine population cinéphage désespérée.

Mais revenons à Haute Tension et demandons-nous pourquoi celui-ci est parvenu à s’imposer comme une référence du genre. Le second film d’Aja est une oeuvre puissante et radicale, cultivant une esthétique du sang, du trash, rendant l’expérience aussi éprouvante que stimulante. La force de l’oeuvre, c’est d’embrasser l’horreur avec une absence totale d’allégeance pour ses codes contemporains ; elle monte sur le terrain comme si le genre était vierge, comme si l’horreur était à faire. Aussi, elle s’attelle à ses bases pour la croiser, elle, l’horreur absolue, et pas sa copie conforme. Aja fait ainsi se croiser une sorte de réalité gênante parce que triviale et une autre bien plus glauque et pourtant tout aussi rationnelle.

Cette approche, ce côté rentre-dedans, déshinibé, épuré et sans contraintes, cultivant l’essentiel pour aller droit à l’estomac, droit aux peurs primales, n’est pas loin de consacrer Haute Tension comme le survival parfait. Aja s’est nourri des classiques du genre (au plus explicite, Halloween et Massacre à la tronçonneuse) et retrouve une hargne qui manque cruellement au cinéma horrifique depuis des 70’s si offensives et impudiques. Son produit inspire une terreur viscérale et la mise en scène, sèche et soignée (l’esthétique, même lorsque le contexte est excessif, participe totalement du malaise), facilite une immersion totale au spectateur en le forçant à ne regarder qu’un enjeu et s’y accrocher quoiqu’il advienne.

Dommage qu’une réponse typique du genre intervienne en guise de twist. Le sentiment de l’auditoire est alors paradoxal : d’abord, il semble évident que cette issue soit un relatif gâchis (de l’excroissance monstrueuse on retombe sur des terres et des notions très codifiées, très familières, dont l’effet est neutre). Et il faut le reconnaître, cette conclusion sape tout ; sauf qu’en même temps, une telle résolution grandit les protagonistes du film et fait montre d’une cohérence (psychologique) imparable. Dès lors, force est de constater que l’idée d’un conflit intérieur (le tueur est comme le masque dénigré par la conscience qu’emprunte les pulsions interdites d’une jeune fille) a rarement été si bien exploité, notamment dans ses aspects graphiques. Le personnage pilier est donc suffisamment trouble pour éviter à ce qui aurait pu être un écueil de faire chavirer le film vers la banalité ; au contraire, c’est une démonstration de maître que de décevoir avant que le recul nous enseigne le comble de l’intelligence du procédé

L’inconscient collectif retiendra la performance de Cécile deFrance, dont la prestance singulière inspire très diversement les auteurs (lesbienne et grande-gueule dans Les Poupées Russes, enfant dans un corps de jeune adulte dans Fauteuils d’orchestre). Contre toute attente, elle se pare des atouts d’une icône horrifique dont la démesure et la sensibilité marqueront durablement. Un grief toutefois, la description de la réalité sociale des personnages, au début, apparaît un peu vieillie, notamment dans le phrasé des jeunes filles. Mais c’est souvent le cas, dans tout le genre en général, en France et dans le reste de l’Europe en particulier. En dépit de cela, les deux femmes suscitent directement l’empathie par leur simplicité ; le scénario évite d’en faire d’insipides insouciantes. Rien qui ne puisse donc entraver la consécration de Haute Tension en tant que meilleur film de la vague horrifique française des années 2000.

Note globale : 82

Film français de Alexandre Aja (2002)

Avec Maiwenn, Cécile DeFrance

Publicités

46 Réponses to “HAUTE TENSION ****”

  1. MaxLaMenace_89 septembre 20, 2012 à 00:34 #

    Du cinéma horrifique de haute volée, pour sûr ! Comme tu le précise au début de ta critique, dommage que des gus comme Aja doivent migrer aux Etats-Unis, la France dénigrant violemment le cinéma de genre et c’est bien dommage. D’accord sur le twist final, un peu plus de sobriété n’aurait pas fait de mal.

    • zogarok septembre 20, 2012 à 19:13 #

      Oui, surtout que moralement, même si c’est un survival, il n’est pas répréhensible ou malsain. Je n’irais pas jusqu’à dire que le scénario est manichéen, mais les personnages ne sont pas pervers, en-dehors du tueur, qui lui-même reste dans des terrains « concevables ». Donc c’est parfaitement le genre de films qui pourrait avoir sa réputation auprès du grand-public ; tant pis, Aja est réservé aux Drucker US maintenant.

  2. Voracinéphile septembre 20, 2012 à 02:03 #

    La référence incontournable du cinéma d’horreur français. Un vrai choc lors de la découverte et un film dont les ressorts terrifiants fonctionnent sans arrêt sur 1h20. On n’a rarement vu une telle efficacité. Maintenant, Haute tension est un film d’horreur ludique, un trip glauque qui secoue le spectateur, sans pour autant l’interpeller sur quoi que ce soit. Le film d’horreur purement divertissant qu’on lui demandait d’être (je suis prêt à oublier le twist bancal devant l’utilisation tout simplement jouissive de la scie circulaire). Mais pour le titre de meilleur film d’horreur de la décennie 2000… Y a comme un Martyrs qui s’interpose…

    • zogarok septembre 20, 2012 à 19:10 #

      Tu cites Martyrs, mais tu part du consensus (référence/France). MARTYRS est plus ambivalent, d’ailleurs toute la première partie est bancale, même si le climat est déjà très étrange. Ce film a un ton unique, mais il est brouillon, il a un manque. C’est certainement une sorte de puzzle, mais Laugier recoupe les pièces les plus évidentes. Pour ça, HAUTE TENSION le devance sans doute encore un peu ; c’est tout de même une référence très importante pour cette vague horrifique française, laquelle semble s’être tassée, notamment après la douche froide que fut LA HORDE.

  3. Mikymas septembre 20, 2012 à 11:30 #

    Ah, Haute Tension, du bon film de genre made in France, ça peut exister, et de bien belle manière. Le twist final ne m’a pas étonné, mais m’a par contre fait tiquer sur le scénario créant alors des incohérences…Aja, revient en France ! Vient faire une comédie ou un drame sociale, allez !

    • zogarok septembre 20, 2012 à 19:17 #

      Bonjour Mikymas, bienvenue ici, je découvre votre Blog tout en répondant… Je reconnais avoir tout de même été surpris par le twist, d’abord parce qu’il est assez téméraire d’un point de vue pratique, ensuite parce que trop bercé par l’ambiance et l’urgence, je ne suis pas parti dans ce genre de spéculations. D’ailleurs, lorsque je peux « anticiper » devant un film, ce n’est jamais à propos de rebondissements, plutôt de lignes, de ton, de façon de répondre à un sujet posé.
      Ce twist ne révèle pas tellement d’incohérences, mais subitement l’histoire est trouée d’invraisemblances, pas loin d’être aussi borderline que son personnage. Mais ça se tient, sauf peut-être pour la station-essence..

  4. Voracinéphile septembre 20, 2012 à 20:07 #

    Certes, je pars de ce consensus en effet. Ce sont de toutes façon les deux premiers du classement dans tous les cas (avec Du Weltz qui les talonne), et les traitements sont très différents. La première moitié du film se concentre sur les séquelles de la folie, mais elle ne traite pas encore du sujet. Le manque doit venir de là en effet : Laugier traite de thèmes très intéressants, mais tout ne converge pas vers le même but (même si tout reste en cohérence). Mais les enjeux du film, sa quête métaphysique et son dénouement abrupt m’ont toujours intéressé, et il y a matière à débattre sur pas mal de chose. Entre le film mi-hystérique mi-métaphysique qui tient du jamais vu et l’un des meilleurs films d’exploitation thriller gore, j’ai tendance à pencher pour le premier.
    Pour la vague horrorifique en revanche, si elle s’est calmée, il ne faut pas taire la discrète sortie de Livide, le nouveau Maury/Bustillo, qui à la tripaille d’A l’intérieur préfère un fantastique à l’ambiance posée, avec quelques visions morbides sympathiques et de brefs moments de poésie. Par contre, le côté exploitation avec les jeunes est complètement foiré…

    • zogarok septembre 20, 2012 à 23:37 #

      Je ne peux être aussi enthousiaste, mais MARTYRS a un caractère magnétique, même lorsqu’il cultive un côté déceptif (complaisance dans le flou dont le paroxysme est le refus final de délivrer l’absolu). CALVAIRE était déroutant aussi, bien que très classique; VINYAN, inclassable et certainement pas « horrifique », atteint des cîmes dont je ne suis pas redescendu, en tout cas que je n’ai pas revu ailleurs dans le cinéma de genre (quelque soit la nature précise du genre) français. Du Welz cherche à créer un lien organique entre le spectateur et le film, ça passe ou ça casse, j’ai les bonnes dispositions et le film a quelques caractéristiques qui font écho. Mais c’est tout à fait le genre de produit dont on doit reconnaître qu’il puisse passer pour vain, laid, stupide, ennuyant.
      Pour LIVIDE, je n’arrive pas à m’y mettre… Même si c’est sans doute une étape.

  5. Voracinéphile septembre 21, 2012 à 01:29 #

    Une fin qui renvoie au néant, une frustration qui peut être source de nombreuses interprétations. Je l’ai pris comme une baffe, mais en prenant de la distance, il est vrai que cette fin est la plus prudente.
    Il faut que je revois Calvaire pour ma part, même si à cette histoire d’amour absurde/glauque, je préfère l’excellent Baracuda, où Rochefort en ermite kidnappe son voisin de palier pour s’en faire un ami. Vinyan a été pour moi aussi un pied hallucinant, un vrai voyage… Grisant.
    Je prédis pour Livide une petite surprise devant l’enthousiasme évident des deux réals de faire du fantastique d’atmosphère et sur la beauté de certaines scènes, hélas alourdie par les interprétations très agaçantes de certains acteurs. Un manque de cohérence également, mais c’est un objet biscornu.

    • zogarok septembre 21, 2012 à 08:16 #

      J’essaie de le voir au plus vite ; BARACUDA a l’air bien gratiné, ça m’intéresse.

  6. Voracinéphile septembre 21, 2012 à 09:15 #

    Oh, mais Baracuda l’est ^^ Avec un humour vicieux assez jubilatoire. Le coup de Jean Rochefort qui parle toujours à un mannequin comme si c’était sa femme… La situation est tellement gênante qu’on en éclate de rire (et le discours sur la solitude est vraiment pertinent).

    • zogarok septembre 21, 2012 à 09:49 #

      Un MANIAC caustique ? Je verrais bien.

  7. Voracinéphile septembre 22, 2012 à 20:41 #

    Sans rapport avec Haute tension, je viens de découvrir un moyen métrage de François Gaillard, l’un des réals de giallos français dont je t’avais parlé. C’est court, mais j’ai trouvé ça très bon (et attachant car on retrouve les mêmes acteurs que dans les longs métrages que j’ai pu voir).

    http://www.diediemydarling.net/

    J’espère que tu passeras un bon moment devant.

    • zogarok septembre 23, 2012 à 02:00 #

      Ok merci, je verrais ça avec plaisir mais demain ; je viens de passer une demie-heure/trois quart-d’heure à rédiger un pavé pour réponse sur INNOCENT et je viens de remarquer que je m’y étais mis de bonne heure.

  8. Voracinéphile septembre 23, 2012 à 10:23 #

    ^^ Oui, je viens d’y répondre. Impressionnant, dès que je tombe du lit, PAF ! Cela dit, cette conversation m’enthousiasme vraiment (c’est assez rare, et c’est ici enrichissant et constructif). Une première pour moi par internet (car j’ai tendance à considérer les commentaires comme de vraies conversations, ce qui n’est visiblement pas le cas de beaucoup de blogueurs (qui prennent plus à la légère ce qu’ils postent)).

    • zogarok septembre 23, 2012 à 10:41 #

      Prendre les choses à la légère étant plutôt un truc de « P », de ENP/ISP en particulier (moins pour les ESP, qui sont plus terre-à-terre et donc plus concernés). Par contre un SP ne s’exprime pas sur un forum ou sur un blog, il n’en a même absolument rien à foutre.
      Bon, je lâche le modèle et je répond à ton pavé à toi.

  9. Tangokoni octobre 6, 2012 à 22:07 #

    Hello,

    quand j’ai vu ce film mon petit homme avait quelques jours à peine, et j’ai été terrorisée, je n’en ai pas dormi, à cause du gamin dans le maïs, je me souviens avoir vérifié ttes les fenêtres de la maison, je flippais, tout simplement.
    Enfin ! toujours est il que je l’ai trouvé excellent. Je vais me le revoir tiens :-), pourtant je m’étais promise à l’époque de ne jamais le revoir lol.

    • zogarok octobre 7, 2012 à 20:59 #

      Ah oui plutôt trash, mais ce n’est pas ce qui m’a le plus « impressionné » en revanche (l’arrivée du tueur et le traitement réservé aux parents, la séquence de la station-essence, puis le combat et le final). Dans ton cas, ça se comprend. Attention à ne pas réveiller de mauvais souvenirs ; peut-être l’occasion de relativiser le stress d’une époque pour toi ?

      • Tangokoni octobre 8, 2012 à 13:34 #

        Ca y est, revu cette nuit. Je le trouve toujours aussi flippant ce film. C’est vrai que la scène des parents au début, est absolument terrifiante, j’ai tourné la tête deux fois, pourtant je regarde des films d’horreur depuis mon enfance.
        Je ne me souvenais pas du twist final, je ne le trouve pas des meilleurs, mais ce n’est pas grave, le reste du film m’a donné une telle satisfaction, que j’ai fait avec cette fin, et je n’avais pas le choix de tte manière 🙂

        Et c’est vrai que je ne l’ai pas du tout perçu comme lorsque je venais d’avoir mon petit homme. D’ailleurs à l’époque, même 2000 Maniacs et Cannibal Holocaust m’avaient assez choquée, alors que je les avais déja vus plusieurs fois avant; je les ai revus depuis et je ne les ai pas, eux non plus, perçus comme à cette fameuse période de ma vie.

        Arf ! je suis bien contente d’avoir revu Haute tension tiens 🙂

        Et je viens de voir que le remake de Maniac sort le 26 décembre 2012, je l’attends avec impatience; le scénario, apparemment méticuleusement fidèle à l’original, est d’Alexandre Aja 😉

        • zogarok octobre 8, 2012 à 14:19 #

          Oui le twist est ultra déceptif, c’est clairement le point noir du film. Pour autant, il ne brise pas la cohérence, au contraire, il réussit à donner un nouveau sens au film ; ça compense la frustration qu’on peut ressentir sur le coup (« quel gâchis »).
          A part son gore extrême mais grand-guignol, CA n’est pas tellement choquant effectivement… Je ne peux pas te dire pour 2000 MANIACS. Mais pour CA néanmoins, les femmes y sont victimes (en plus de n’être considérée que comme des génitrices) et de quelle manière, alors pour une jeune maman c’est un parallèle assez déroutant.

      • Tangokoni octobre 8, 2012 à 14:57 #

        Certes, la fin donne la clé du mystère, mais aprés tout, les tueurs en série, qui ne tuent que par plaisir ne sont pas rares, la fin que j’aurais imaginée m’aurait mieux satisfaite.

        C’est vrai ce que tu dis pour CA, mais en fait à cette période j’avais levé le pied sur les films d’horreur pendant quelques jours, je ne les supportais pas !

        • zogarok octobre 8, 2012 à 15:36 #

          Pendant quelques jours ! Tu est fan donc ; sur ton Blog, c’est plutôt thriller, cinéma en milieu carcéral ou gangster (j’ai re-parcouru tout à l’heure).

          A mes tous débuts de cinéphile, j’aimais « refaire » le film, j’y tendais spontanément parce que je cherchais un film précis et espérait, en jetant mon dévolu sur certains, trouver une représentation fidèle en certains points. Mais j’ai laissé tomber, car non seulement ça ferme au spectacle, mais en plus ça entrave toute approche « critique ». Mais avec COSMOPOLIS récemment par exemple, j’ai trouvé un film qui évoque des sujets qui sont miens ; j’aurais pu faire l’essentiel de l’article sans l’avoir vu et pourtant, je ne fais bien que rebondir. Ca, c’est peut-être l’ultime raison pour laquelle je reste accroché au cinéma.

      • Tangokoni octobre 8, 2012 à 18:41 #

        Oui, je suis fan des films d’horreur, je l’ai toujours été, et je suis triste de voir que les bons crus sont de plus en plus rares, il faut dire aussi que je suis imprégnée des 80’s, où je voyais tout ce qui sortait, même fin 70’s, et les films récents ne sont pas de la même trempe. J’ai eu un gros coup de coeur pour « J’ai rencontré le diable » quand même 🙂 , et pour « Don’t be afraid of the dark », le remake de « Les créatures de l’ombre » qui était à la base un excellent téléfilm de 1973.

        Je n’essaie pas de changer le scénario des films en général, mais juste ponctuellement pour ce Haute tension, j’avais imaginé autre chose que cette fin, et je suis restée un petit peu sur ma faim. Mais comme je le dis, ce n’est pas très grave, le film étant très bon dans l’ensemble.

        J’envisage de regarder Cosmopolis, juste par curiosité, mais j’ai bien peur qu’il ne me branche pas trop 😦

        Ah oui, et mon blog comporte un sommaire assez varié, j’en ai abordé plusieurs sur le milieu carcéral, c’est vrai; j’aime bien aussi les histoires vraies, d’ailleurs je devrais en aborder une bientôt, j’aime bien tous les films, excepté ceux de guerre, j’aime beaucoup aussi les films d’auto justice.
        Lorsque je m’en sentirai le courage, je m’attaquerai enfin à tous les films d’horreur que j’ai vu ado au cinéma. Et à mes films fétiches : je n’ai abordé que Antarctica et Creepshow pour le moment.

        Voilà 🙂

        • zogarok octobre 8, 2012 à 19:05 #

          C’est difficile d’écrire sur les films ou les oeuvres fétiches… Dur, mais pas impossible de retenir toute la subtilité d’un film, de le défendre avec l’acharnement le plus vif.

          En même temps, les 70s-80s, c’est l’apogée de l’horreur, l’extension du bis déshinibé : tu reviens de quelque chose de plus puissant, plus expérimental. Aujourd’hui, on recycle. Quand on regarde derrière nous, sur les années 2000s, il n’y a pas de bouleversements, sinon le torture-porn, mais il n’a pas réformé les canons esthétiques, se contentant d’en généraliser certains et de relativiser tous les genres, de les ouvrir au grand-public. Et en France, Haute Tension reste l’un des plus marquants et décisifs de la décennie… alors que lui-même recycle ! D’accord pour J’ai rencontré le diable ; c’est de l’Asie que nous vient le meilleur et le plus original en ce moment (après les V-vidéos et le néoslasher, les asiatiques font toujours preuve de créativité, parfois parce qu’eux-mêmes entament leur exploration – Memories of Murder par ex.).

          Cosmopolis a été laminé par la critique et les spectateurs, les chiffres donnent le vertige (30% ou 40% de zéros sur allocine, et ça va décroissant, seulement 1/6e de 4 ou 5). C’est pénible au départ et on sent venir la catastrophe… Mais le déclic arrive vite. J’en suis très satisfait, je le crois moins superficiel qu’on le prétend et si ça doit être malgré tout masturbatoire, ça l’est sur des sujets et des vérités criantes. Il faut juste passer certaines limites, surtout qu’on se rendra compte assez vite que Cronenberg s’en joue.

      • Tangokoni octobre 8, 2012 à 19:28 #

        « C’est difficile d’écrire sur les films ou les oeuvres fétiches… » ,
        et oui, et c’est pour cela que je n’y arrive pas, et pourtant je vis avec ces films, je les revis, quand je les regarde je suis dedans, je fais partie de ces films, et parfois même quand je ne les regarde pas :-).
        A 99% des films d’horreur, plus Retour vers le futur 1 et 2, et Terminator 1 et 2, et le best of the best : Shining, à mon humble avis 😉

        J’ai découvert le cinéma asiatique il y a très très peu de temps, merci ZE RING, et j’ai été sous le charme tout de suite, le charme horrifique bien entendu; j’en ai d’ailleurs quelques uns de côté que je n’ai pas encore regardés. J’ai, justement bien apprécié « Memories of murder ».
        C’est vrai que ce cinéma là pallie un petit peu à la pénurie (toujours à mon humble avis) de bons films horrifiques de ces dernières décennies 😦

        Quant au cinéma français, dans le genre, il est plutôt maigre, hélas.

        Concernant Cosmopolis, je ne me fie pas aux avis des critiques, j’aime me faire mon avis, mais je dis que j’ai peur de ne pas accrocher, car j’ai regardé un peu le début et bof 😦 , mais je vais recommencer.

        • zogarok octobre 8, 2012 à 19:52 #

          J’aime beaucoup Du Welz dans le ciné fantastico/horrifique français : avec CALVAIRE mais surtout avec VINYAN, on frise l’expérimental.

          Pas l’univers que je préfère… Je ne pourrais pas regarder de l’horreur en boucle, même si ça fait partie des genres que je privilégie. Je suis assez éclectique, mais c’est un souci qui a dû s’ancrer par rapport au Blog. Pas mal de drame et de fantastique-horreur tout de même (pour quasiment les deux-tiers).

          Au début je m’exclamais tout fort « oh mon dieu je vais me faire chier », donc je garde espoir. Mais je ne garantis rien ; parce que moi aussi je ne m’intéresse pas aux critiques habituellement (c’était le cas pourtant au début), mais là elles sont assassines et le film a été perçu comme un nanar bobo ronflant, alors qu’il me semble, certes « vaporeux », mais très concret dans son propos sur le capitalisme, sur la place à jouer dans le Monde.

      • Tangokoni octobre 8, 2012 à 21:08 #

        Je n’ai pas accroché à Vinyan, et je n’ai pas encore regardé Calvaire, pourtant il me tente depuis un moment, je vais peut-être le faire ce soir.
        Pour ce qui est de persévérer lorsque je n’accroche pas tout de suite à un film, je m’y replonge parfois plusieurs fois, parce que je me dis que je loupe peut-être quelque chose. C’est ce que je vais faire pour Cosmopolis.

        • zogarok octobre 9, 2012 à 09:54 #

          Je déteste revenir sur quelque chose qui est entamé, surtout si c’est du cinéma. Mais si vraiment on peine à y entrer, mieux vaut attendre, sinon tu va t’y plonger avec sarcasme et distance et tu ne vois plus que ses travers. Mais il faut le voir à un moment, c’est un film qui parle bien de notre époque, de notre crise.
          Vinyan est totalement déstructuré, il faut l’avouer, c’est sa faiblesse. Je me suis naturellement senti concerné par cette mère cherchant son enfant, ça a pu m’inciter à devenir aveugle sur certaines choses.

      • Tangokoni octobre 9, 2012 à 10:33 #

        Il m’est arrivé de ne pas être prête à apprécier un film la première fois, puis le revoir et mieux en percevoir les qualités. Je vais attendre un peu pour Cosmopolis, ce n’est pas ma priorité.
        J’ai aussi été sensibilisée par la perte de l’enfant dans Vinyan, et pourtant …. je n’ai pas accroché malgré cela.
        Cette nuit j’ai regardé Calvaire, je l’ai trouvé pas trop mal, mais juste pas trop mal. Pourtant le début m’a accroché de suite.

        • zogarok octobre 9, 2012 à 11:48 #

          Il est original (des scènes particulièrement « délirantes », celle du bar), mais classique dans le fond. Une ambiance, des gueules, un pitsch de survival ordinaire mais des manières sophistiquées et pas aimables. J’ai très envie de le revoir.

      • Tangokoni octobre 9, 2012 à 14:11 #

        C’est l’ambiance du film qui me plait, cest pour cela que j’ai accroché dés le début. C’est une ambiance poisseuse, ça file un peu les jetons, c’est tout à fait plausible. Mais il manque un petit truc, je ne sais pas lequel, pour que j’accroche encore plus.

        • zogarok octobre 9, 2012 à 17:59 #

          Idem, un petit manque pas identifié, alors que l’ensemble est raffiné, les décors majestueux. Peut-être est-ce trop linéaire, peut-être que le scénar manque de surprise.

      • Tangokoni octobre 9, 2012 à 18:19 #

        Je crois que tu as mis le doigt dessus oui, c’est un petit manque de rebondissements en fait. Dommage, car l’ambiance poisseuse est un super potentiel.

  10. Tangokoni octobre 8, 2012 à 13:57 #

    Ouh là !!!!! je viens de regarder le trailer de Maniac, 😦 , Elijah Wood n’a aucune prestance par rapport à Joe Spinell.

    • zogarok octobre 8, 2012 à 14:15 #

      Tu fait ta BA du jour sans le savoir, j’avais ommis la sortie de ce remake. L’article sur MANIAC est avancé à décembre. D’ici là, je doute que le remake soit tout à fait d’une copie carbone, l’original étant extrêmement malsain, replié dans le monde intime d’un personnage, ce qui est incompatible avec un film à spectacle grand-public. J’avais vu ce trailer et on ne doute pas qu’Aja n’est qu’au scénario (le trash sera là, mais la psychose, le trouble ?). Toutefois, ça peut avoir un certain panache et cultiver une esthétique intéressante.

      • Tangokoni octobre 8, 2012 à 15:02 #

        Je pense, d’aprés le trailer que tu as vu sur mon blog, que le trash y sera, oui, c’est certain; mais, comme tu le dis : la psychose et le trouble, vont-ils y être ? personnellement, je ne pense pas pouvoir me replonger dans ce film comme je le suis dans l’original chaque fois que je le regarde.
        Je parle comme ça car j’ai vu le trailer entre temps, depuis mon commentaire de tt à l’heure. Petite déception déja rien qu’avec cette bande annonce.
        Et puis c’était les 80’s, tout un contexte qui va avec, je parle pour moi 🙂

        • zogarok octobre 8, 2012 à 15:40 #

          Cette bande-annonce m’incite pas mal (et je ne suis pas porté sur la chose – je préfère voir le film sans trop de biais, même promo), je la trouve inspirée et assez baroque, il y a même un aspect « glam-trash » et peut-être, soyons fous, romantique dans cette mise en scène. Gore raffiné donc, ce serait déjà beaucoup.

          Je suis né en 91, les 80s c’est une mythologie archaïque pour moi 😉

      • Tangokoni octobre 8, 2012 à 18:48 #

        Je ne suis pas fan non plus des BA, mais là, avec un film comme Maniac, je ne pouvais pas résister à l’envie de la regarder 🙂 , tant pis pour ce que ça dévoile.

        Mouais, le côté qu’on aperçoit de romantisme et de sexe chic ne fait plutôt que me refroidir. Je vais être assez exigeante je crois avec ce remake hihi.

        Sinon, pour les 80’s, je n’ai pas encore de canne quand même hein 🙂 lol !

        • zogarok octobre 8, 2012 à 19:07 #

          Au contraire, ça m’emballe tellement ! Je sens que ça peut être de l’Argento façon Hollywood, mais je peux me tromper ou m’enthousiasmer pour rien.

      • Tangokoni octobre 8, 2012 à 19:30 #

        De l’Argento façon Hollywood ne m’enthousiasme pas lol ! J’aime l’Argento dans son contexte, et je ne l’envisage pas trop dans un autre contexte; maintenant je peux me tromper 😉

        • zogarok octobre 8, 2012 à 19:54 #

          On fait avec ce qu’on a… Personne dans son registre ne vaut Argento de toutes façons.

      • Tangokoni octobre 8, 2012 à 21:09 #

        On est d’accord sur ce point 😉

  11. Rodias septembre 27, 2014 à 18:30 #

    Ton premier paragraphe dis tout et montre bien l’hypocrisie. Même les plus aguerris et les fans de Mad se prennent une claque dans la gueule alors pourquoi toutes ces mauvaises notes et cette indifférence ! Rien que les scènes du placard et de la station sont incroyables. Sur un autre site tu dis,  »Le meilleur film d’horreur français de la décennie 2000s », je vais plus loin, c’est le renouveau de l’horreur française, mais un renouveau incompris.

    • zogarok octobre 1, 2014 à 14:49 #

      Ou un prophète du renouveau qui n’a pas trouvé de disciples.

  12. Rodias septembre 27, 2014 à 18:31 #

    Enfin, c’était.

    • zogarok octobre 1, 2014 à 14:50 #

      Concernant les cinéastes existant on peut espérer du côté de Laugier, ou de Du Welz dans une certaine mesure (qui part ailleurs que dans le cinéma horrifique) – je n’ai pas vu ce qu’il a fait après Vinyan.
      Ou attendre quelques révélations.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :