TIENS TA LANGUE OU DISPARAÎT

24 Juil

Au moment ou François Hollande assimile l’ancien monde dont les enfants de France émergent par principe à un âge des ténèbres ou la nation devient putain des vampires de l’époque, nouvelle rafale « féministe » hystérique. L’animateur radio Daniel Shick a eu le malheur de commettre ce laius -déjà cité comme un élément de sa biographie sur Wikipedia- :

« Savez-vous vraiment pourquoi vous avez été choisie ? Parce que vous êtes une belle femme issue de la diversité ? Parce que vous appartenez à une minorité peu visible ? Que vous êtes la preuve de ce qu’est une adoption réussie ? Que vous êtes un signal fort donné aux marchés asiatiques ? Peut-être aussi parce que vous êtes compétente ? Est-ce que vous le savez vraiment ? »

Tollé immédiat. Une foule de sites reprennent la vidéo pour s’offusquer de cette intro in-su-ppor-table, qualifier la chose de dérive misogyne ou même beauf.

L’assertion est péremptoire et rentre-dedans, peut-être maladroite (mais plutôt pour l’ « adoption » et le « couple mixte »), mais réfléchie. En outre, l’évocation, un peu plus loin (une petite minute) de l’inlassable collusion acteur médiatique/personnalité politique est déjà l’occasion de balayer toute hiérarchisation des sexes – puisque la figure exécutive est tenue pour influente, non la femme ou encore moins la « femme de » ; ici l’homme est le boulet de la Ministre, preuve que les rapports et la représentativité s’horizontalisent.

La sénatrice PS Laurence Rossignol a pris le dossier en main : elle réclame le renvoi immédiat de Daniel Shick, balayant une carrière pour le seul mépris ponctuel d’une ligne jaune pour le moins subjective. Comme Rossignol est une femme, elle se permet un vocabulaire « couillu » particulièrement gratiné  (« je lui collai un bourre-pif ») et se confond dans une agressivité extrême (« nuisible et lourd ») ; d’ailleurs, elle n’envisage la saillie de Schik que comme une gauloiserie et ceux qui la valident ou n’en sont pas outrés comme des crétins. Mais ça, personne ne le relève : on sacralise déjà l’inspiration de cette chantre ressuscitée d’entre les morts de la chambre haute – jusqu’à l’interface de votre boîte mail, vous êtes tenu au courant de l’acte frondeur et héroïque.

Si personne ne le relève c’est, entre autres choses, parce que ce serait de la misogynie. En effet, une femme aussi peut cogner. Pourtant, cogner, ne serait-ce que par les mots ou la pensée, c’est mal. Sauf si c’est pour la bonne cause.

Comble de misogynie : cette femme jurant comme le plus teigneux des mecs prend la défense d’une femme. Comme si le pacifisme, la relativisation de l’outrage par Fleur Pellerin était un aveu de faiblesse : il faut alors corriger le tir et venir à sa rescousse.

Surtout qu’il n’y a qu’un terme, un seul, se référant à la féminité de Fleur Pellerin… Mais la vérité, ou plus simplement sa modeste quête, est tendancieuse, haineuse. La lucidité frontale est confondue avec de la méchanceté gratuite, le poil à gratter avec un relans poujadiste. Ici, les cerbères, dont Mme Rossignol, se précipitent pour railler le jugement critique sous prétexte de sa forme inadéquate. De telles réactions concourrent (délibérément ou pas) à inhiber le raisonnement lorsqu’il trouble les valeurs publiques : la politesse devient presque institutionnelle. Les fondamentalismes de tous bords sont toujours les meilleurs soldats du conformisme et du lissage social.

Avec une telle donne, les femmes en politique ne sont plus des femmes, mais des hommes avec une longueur d’avance, puisqu’elles disposent de domaines intouchables, leur nature sexuée instaure une distance qui, si elle est franchie, disqualifie et condamne l’impudent. C’était l’excuse et l’analyse ultime de Dominique Voynet au soir de l’échec de Ségolène Royal en 2007. Si leur féminité n’est rien, alors pourquoi s’offusquer toujours lorsqu’elle est  citée ; pourquoi prétendre que c’est un handicap alors que les pires machos, effectivement, estiment que c’en est un ? La boucle est bouclée : tant mieux pour Mme Rossignol et ses amis, ils ne verront jamais le Juste ni le Mal à l’endroit ou il se produisent ou peuvent survenir, mais toujours dans des systèmes totalement factices, ne retenant que les plus grossières dualités du Monde pour approche et perception du Politique. Leur vision de la société est artificielle, leur volonté de l’ajuster totalement frivole, parfois un peu baroque ; malheureusement, ce sont eux qui font les polémiques, eux qui sont suivis et relayés.

*

L’affreux macho en puissance…

L’hypothèse d’une charge viriliste prend tout de suit du plomb…

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2 Réponses to “TIENS TA LANGUE OU DISPARAÎT”

  1. arielmonroe juillet 25, 2012 à 11:29 #

    Tu as raison, c’est toujours le même match, les machos, les fachos et les beaufs versus les chiennes de garde et les bien pensants hystériques. Au secours, nous aussi on existe !

    • zogarok juillet 25, 2012 à 20:46 #

      Exactement ça. J’ajouterais gauchistes et socialistes de salon dans ton catalogue et ça nous fait trois facettes-miroirs (machos vs féministes outrées, fachos vs gauchistes, etc.)

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