L’INTERNATIONALE ALIÉNATRICE

23 Mar

Mondialisme, écrin de tous les fantasmes & horizon délirante

Il y a quelques temps, j’estimais que le Nouvel Ordre Mondial était une aberration, une farce et une lubbie pour histrions divers et fanatiques en mal d’idéaux. Pour autant, je pensais bien qu’il pouvait désigner une certaine uniformisation des consciences qui m’a toujours interpellé, comme tous ceux dont l’esprit est (un tant soit peu) en éveil ou aspire à s’épanouir librement (ce qui inclut aussi de ne pas se laisser flatter par les slogans, même les plus ambitieux, perspicaces, suggestifs ou remplis de  »bon sens » – et tout cela est un travail qu’il faut répéter inlassablement et pour lequel on échoue tous, souvent, par paresse, par espoir, par besoin de fermer les options).

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Les extrapolations autour du NOM sont vraisemblablement les ramifications d’une sorte d’agence de paranoia, d’une matrice vers laquelle de nombreuses âmes convergent, probablement parce que le complotisme est une facilité, puisqu’il permet de réduire la complexité du Monde. Ainsi, de nombreux excès et hors-sujets fantasques entâchent la définition concrète de ce qu’est cette vision d’un ordre Mondial libéré de Nations parasites à son dessein, par essence totalitaire, puisqu’il ne laisse aucune alternative et qu’il dicte sa loi et sa vision aux peuples, bafouant leurs identités respectives pour les fondre dans une masse que les tenants de ce Monde Un estiment harmonieuse et sereine, pour ne pas dire enfin, un peu plus humaine.

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L’importance accordée à la franc-maçonnerie est représentative de la dérive vaguement névrotique de légions entières ; or ce club archaïque ne regroupe plus que des épouvantails globalement impuissants (en tout cas aujourd’hui) et même s’il demeure très fréquenté, notamment, au sein de la caste politique, par Mrs Mélenchon (candidat du Front de Gauche et sénateur socialiste pendant trente ans et passif autant de temps) et Xavier Bertrand (ex-leader du parti présidentiel, l’UMP), c’est davantage une vieille institution au parfum de secret fané. Presque un truc duhamelien, en somme. La marge de manœuvre idéologique de la franc-maçonnerie, elle, est l’objet de débats et c’est un terrain sur lequel je ne m’aventurerais pas, faute de le maîtriser et de m’y être profondément ou sincèrement intéressé. Ce qui est certain, c’est que si les loges maçonniques seraient, manifestement, effacées devant la marche du Monde, elles demeurent des reliques vénérées par les acolytes d’Attali ; on pourrait se dire que c’est bien le maximum, or cela signifie que ces valeurs maçonniques imprègnent les tenants de l’ordre Mondial, alors même qu’elles ont accompagnés nombre des puissants pendant les siècles précédents. Car au-delà du sentiment, partagé par beaucoup de complotistes effervescents, de subir (et comprendre l’existence et les mécanismes d’) un rouleau-compresseur quasiment démoniaque et mystique, la réalité est probablement plus simple et plus machiavélique ; au moment ou on nous explique que nous n’avons plus d’idéal, il semble qu’au contraire, c’est un idéal qui s’applique et contamine notre réel, pour pervertir nos cadres de références et anesthésier tout désir d’émancipation.

Les libéraux-bourgeois, porte-étendards d’une vision unique

Je n’ai pas de croyances particulières à propos de sujets que j’observe sans m’y plonger et autour desquels je vois se greffer autant de ramifications quasiment ésotériques que de théories concrètes et brillantes, parfois plombée par la tentation de la fumisterie. Néanmoins et quelque soit les courants, qui que soient ses partisans et ses détracteurs, le Mondialisme est, c’est même l’idéologie et le mouvement dominant de notre Civilisation à ce moment précis. En disant cela, je crois qu’il faut préciser. Il n’y a pas de complot(s) : il y a une vue de l’esprit que chacun a admis. Cette vue de l’esprit est acquise par paresse, par suivisme, par lâcheté ; il ne s’agit pas simplement d’opportunisme, de mesquinerie ou de haine. Les gourous eux-mêmes peuvent être persuadés du bien-fondé de leur vision ; ce leurre s’accroît naturellement s’ils trouvent écho en permanence et que leur défiance à la raison ou à l’harmonie est accepté passivement, voir suscite une approbation majoritaire et sans remous.

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Sans doute que je n’ai jamais cru à la dualité « progressiste/conservateur » ; d’ailleurs, tous ceux qui voudront disséquer cet antagonisme relèveront sans mal qu’il s’agit, pour les deux camps et dans diverses circonstances, de valider des valeurs et une certaine idée du Monde et de l’ordre qui, d’un contexte à l’autre, peuvent basculer complètement. Ainsi, le néo-libéralisme se sert des labels progressistes pour s’opposer à ceux qui, lorsque sa règle seule dicte la marge de la société et fait converger tous ses aspects, sont assimilables à des arriérés, ou au moins à des esprits fermés et aigris ; comme si le néo-libéralisme, parce qu’il était intrusif et clinquant, parce qu’il était nouveau, était l’émissaire du progrès ultime tant attendu ; comme si le néo-libéralisme nous émancipait de ces voies et de ces voix du passé, alors qu’il se substitue à toutes les tentatives de subversion des masses à leur détriment. Et si les adversaires de cette marche funeste accordent eux-mêmes tant d’importance au néo-libéralisme, c’est qu’alors qu’il pourrait être un élément dans la besace des progressistes, un point de détail que ces derniers garderaient à disposition, parfois tritureraient pour étoffer leur logiciel, c’est au contraire l’horizon supérieur qui les dépassent et les a pris en otage.

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Bref, même si je ne me suis pas fixé là-dessus, il me faut évidemment reconnaître que cette dualité m’a probablement guidé, mis des ornières lorsque j’observais, pensais et absorbait la politique. En d’autres termes, c’est une grille de lecture qui, sans me flouer, m’a limité – mais au même titre que n’importe quel autre, comme elle est une structure de fond qui abuse les masses (car, en l’état, ce critère supplante les autres schémas). Toutefois, s’il est aisé d’avoir conscience que les défenseurs du Sens Unique occupent le devant de la scène, la nature de celui-ci est parfois plus difficile à définir ; quel est ce Sens Unique, quel est cet ordre du Monde, voilà la question qu’il faut se poser et qu’il faut tenter de résoudre, sous peine de s’abîmer dans des postures et des idéaux aguicheurs ou percutants, mais fantasques et névrotiques, dont les effets se substitueront parfaitement aux causes qui nous accablaient.

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Admise telle qu’elle, l’opposition « progressiste/conservateur » ne se calque pas sur celle « droite/gauche », mais elle est discriminatoire pour toutes les visions les moins consensuelles et, par définition, les plus aventureuses mais aussi les plus généreuses et ambitieuses. A l’inverse, en cumulant des formations trop rapidement promptes à admettre la réalité tel qu’elle est dictée, nous nous retrouvons démunis et par peur d’envenimer les choses, nous laissons les projets et les idéologies les plus voraces refonder, sans notre consentement, mais avec l’illusion que tout se passera bien, notre environnement. Or, sur ce dernier il est devenu normal, évident, que nous n’ayons plus de prises ; nous l’avons appris et tenter de se défaire de ces liens, lorsque l’idée nous traverse l’esprit, nous semble trop harassant, trop loin. Car une société dissociée n’est plus qu’une masse d’impotents ; et ceux à qui ne suffisent pas les compensations ou la promesse d’un avenir auprès de l’Eldorado néo-libéral se confondent soit dans la dépression, soit dans une espèce d’état de colère diffus qui ne trouve jamais le moyen d’exulter. Si cette colère inspire le repli, la hargne et l’illusion de supériorité, elle ne fait qu’enfermer celui qu’elle habite et dilue encore toute possibilité de renouveau. Mais lorsque cette colère permet un déclic, une aspiration à la sagesse et au développement, alors elle peut devenir un moteur et si ses motifs sont avisés, dépassionnés et partagés, alors cette colère cède la place à l’espoir et à la paix ; car il n’y a pas de paix sans Hommes avertis et éveillés.

C’est ainsi qu’une même acceptation du Monde est partagée ; avant même d’être une vision unique, c’est une norme ancrée. Le sacrifice de ses peuples à des forces extérieures est irrationnel en soi, pourtant il apparaît évident à des castes qui refusent de l’admettre en ces termes ; mais il y a la loi et l’esprit de la loi et aussitôt, nous comprenons que c’est l’âme même qui est pervertie par des dogmes cultivant, derrière des desseins opulents (et parfois même, fraternels et heureux), les intentions les plus sournoises, veules et banales de l’Homme. C’est pour cela que la conséquence des processus en cours n’est qu’ennui et abrutissement des masses par volonté d’échapper voir se soustraire au vide instauré non pas par la « liberté » qu’évoquent les néo-libéraux, alors qu’ils savent que cette liberté n’existe que pour ceux qui ont les moyens de s’extraire du marasme, de grandir et tout simplement, de vivre et non de survivre.

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Mais les néophytes savent s’accorder autour des valeurs promettant une place au soleil ; le néo-libéralisme a cela d’infâme qu’il se rallie des individus modestes, parfois désœuvrés, parce qu’il leur fait leurrer l’appartenance à un système supérieur ; alors qu’ils les rend dépendants et serviles, il leur donne le sentiment d’être plus forts et plus épanouis. Ceux-là sont souvent les chanceux, les nouveaux riches, les petits bourgeois montants ou gavés de haine et de principes ou idéaux  »démocrates », croyant savourer leur revanche sur la vie, ou bien estimant que les autres sont plus faibles pour éviter d’admettre qu’ils ne doivent leur statut qu’à un concours de circonstance (et pas nécessairement à des succès, du travail ou du talent, mais tellement souvent à un abandon, une lâcheté et même une soumission, bref à un conformisme mesquin qui est une fuite en avant emportant tout). La mise à mort spirituelle, identitaire et bientôt économique de ceux qui n’adhèrent pas à ce Monde « libre » est alors légitimée et effective.

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Ce totalitarisme est sentencieux, obscurantiste, mais il est aussi éblouissant et stimulant – sans quoi il ne séduirait pas durablement, n’attiserait aucune passion ni aucune adhésion. L’emprise néo-libérale est promue par ces « libéraux-bourgeois » ; disséminés des deux côtés des blocs ( »droite/gauche » mais également, dans une autre et moindre mesure,  »progressiste/conservateur »), ils occupent les grandes formations dans la majorité des États occidentaux et se retrouvent en général, pour adopter un point de vue schématique, dans les deux grands partis (ceux dont on dit, à raison pour le cas de la France ou des États-Unis, qu’ils constituent une alternance de façade).

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Si la fin des grandes idéologies a ainsi signé un consensus autour des valeurs « libérales » ; et que celles-ci sont traduites par la perspective de ceux qui les récupèrent ; alors, le Sens Unique est lié au Mondialisme.

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Et, moralement, essentiellement, les néolibéraux sont liés au Mondialisme, puisque ce qui conduit à se sacrifier à une telle perspective, c’est la quête viscérale d’une liberté effrénée, d’une volonté d’omnipotence illusoire mais sans concession. Il s’agit de jouissance monomaniaque et égoïste, jalouse, comme on est jaloux de sa vision pure, parfaite et progressiste du Monde, qu’on ne veux prêter à ceux qui, de facto, deviennent des ploucs, des abrutis, parfois des « fachos », des « réactionnaires » quoiqu’il en soit (reste à en déterminer le degré et la nature). Il n’est pas difficile de cerner ici pourquoi trop d’idéalisme et d’angélisme prépare le terrain des vicieux.

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En marge de cela, il faut mesurer combien l’intention libérale a été trahie ; en écrivant cet article, je ne renie pas à titre personnel les idéaux libéraux dont les aspirations sont les plus hautes et les plus nobles. Ce que j’évoque et que j’exècre, c’est le dogme qui a massivement détourné le nom de libéralisme – et, contrairement à ce qu’en penseront les tenants de l’ordre établi, les foules éduquées en ont conscience, elles qui utilisent deux termes voisins ; l’un, plutôt partisan et éventuellement caricatural, « ultra-libéralisme » ; l’autre, plus technique, cité timidement par ses légions, « néo-libéralisme ».

Ou sont les anti-mondialistes dans la campagne de 2012 ? Y aura-t-il un front anti-mondialiste à l’avenir ?

Marine Le Pen est la seule à aborder ces sujets (hormis l’éternel petit Cheminade et, à sa façon, Nicolas Dupont-Aignan, qui plus est dans une perspective favorable aux intérêts français – et donc aux vôtres, à moins que vous disposiez d’un autre pays) ; les notions de Mondialisme et de souverainisme sont absentes du vocabulaire de l’autre grand « antisystème » présumé et pré-fabriqué, Mr JL Mélenchon. Celui dont la gauche molle, celle visqueuse, lâche et conservatrice, fait une égérie aujourd’hui.

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Malheureusement, dans une volonté de se recentrer sur les thèmes de prédilection de la machine Front National, Marine Le Pen s’est embourbée, depuis plusieurs mois, plongeant dans le doute ceux chez qui elle éveillait des fibres inconnues ou endormies, sans pour autant retrouver les aficionados de son paternel ni les obsédés de thèmes les plus anachroniques, stéréotypés ou balourds. Son livre « Pour que vive la France » semble (je ne l’ai pas lu) être axé sur ces thèmes – dommage que les médias, de toutes sortes d’ailleurs, n’en fasse pas mention ; dommage aussi qu’elle-même passe presque sous silence cet ouvrage, un peu comme si le déni de réel (et en l’occurence de l’existence de son livre) finissait par avoir raison de sa ténacité exemplaire (est-ce une simple mise en suspens?).

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Il y a eu récemment une évolution positive chez Mélenchon. Outre son recul avec la tradition sacro-sainte du CRIF et sa dénonciation du MES, il commence à pointer la connivence des deux grands partis, quitte à dynamiter ou peut-être plomber, provisoirement (au premier tour), la Gauche (pour mieux s’affirmer comme force d’appoint indispensable au second). C’est que Mélenchon a accepté de saisir la trahison de Hollande et peut-être même son incompatibilité avec les autres forces de la  »Gauche » telle qu’elle est aujourd’hui (c’est-à-dire cadenassée, vassalisée, supplantée). Par ailleurs, dans la foulée de la repentance post-maastrichienne, le leader de la Gauche radicale pointe des mesures européistes toxiques et concrètes.

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Alors qu’il s’axait sur des chimères, faisait des montagnes de points de détail plus vaguement  »idéologiques » que sérieux et décisifs, Mélenchon se situe davantage, dans l’instant immédiat, dans un no man’s land entre réaction à la perte de souveraineté et refondation naïve de l’Union Européenne, héritée de son internationalisme borné. Malheureusement, l’ancien sénateur socialiste fait toujours l’erreur de vouloir s’attirer la Gauche, de rejeter des alliés potentiels, de fermer les yeux à certaines réalités (et à des méthodes qui lui permettrait de passer de l’imprécation à l’application). Si son anti-libéralisme primaire l’amène sur les sentiers de la logique, le chemin est encore long ou il aura assumé les implications de sa pensée et toutes les failles, les sophismes dont il s’accommode.

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Il faut y arriver et le penser frontalement : dans une perspective de rupture avec la dictature des marchés et du néo-libéralisme, l’allié, objectif et cohérent (mais peut-être pas raisonnable), de Mélenchon est Marine Le Pen et le Front National. Il s’agirait d’un grand effort, tant pour les deux personnages, pour leurs électeurs ou sympathisants, que pour les observateurs, les analystes obstinés et plus encore pour la caste politique. Pour Mélenchon, ce serait le grand choc de la vie (et plus dur pour lui que pour MLP), puisqu’il impliquerait la prise de conscience de la fin d’un Monde. Ce serait l’aveu d’une illusion, d’un leurre dans lequel il se serait confondu, aveu que tout est à reconstruire et qu’il n’est qu’un nain s’élevant contre Goliath, avec d’autres plus déterminés encore. Mais ce serait salutaire ; chacun aurait l’honneur de son côté car la vraie noblesse est là et seulement là, dans ce sacrifice réel ou l’on dépasse la posture et le prêchi-prêcha (brillant mais stérile), pour devenir les héros d’une résistance… Voilà pour Mélenchon un horizon de gauche, un vrai !

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* Article publié sur AgoraVox

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8 Réponses to “L’INTERNATIONALE ALIÉNATRICE”

  1. Voracinéphile mars 23, 2012 à 23:52 #

    Encore du lourd ! Le mondialisme et ses dérives ! Carrément !
    Pour la franc-maçonnerie, j’en étais arrivé moi aussi aux mêmes conclusions, ces derniers n’ayant visiblement qu’une influence toute relative, même si le spectre de leur pouvoir en effraye toujours certains.
    Pour le développement sur la vision de masse et la direction libéraliste (liée au mondialisme), le passage m’a beaucoup intéressé, vu que je m’intéresse à ce type de « pensée commune » et aux manières dont elles se justifient. Tu t’acharnes à décrire la situation et à mettre des adjectifs pour cerner chaque aspect des tendances que tu décrits, style très zogarokéen et finalement payant, puisque tu arrives à cerner (avec toujours cette petite dose d’excès) des courants parfois si vagues qu’ils passeraient facilement pour des « acquis » alors qu’on se l’impose.
    Pour les anti-mondialistes, il est instinctif de désigner Marine (même si en effet elle s’est faite plus discrète sur le thème ces derniers temps). Mais pour Mélenchon, tu relèves une tendance intéressante, que je n’avais pas noté. Quant au dernier paragraphe, j’avoue que l’idée est séduisante (qui n’a pas rêvé d’une belle petite révolution comme celle là…), mais le chemin est encore très long, comme tu l’écris.
    Bel article en tout cas, toujours aussi clair et parfois brillant.

    • zogarok mars 24, 2012 à 10:03 #

      Salut, effectivement un sujet important pour moi & donc un article, incomplet certes, mais destiné à poser clairement les fondamentaux et les perspectives essentielles. A l’écrit comme à l’oral, j’aime me faire comprendre.
      Le « Sens Unique » ce n’est pas que le Mondialisme, mais le Mondialisme est une de ces méthodes, idéologies et un de ces processus qui participent d’un « Sens Unique » ou chaque voix ou idéal dissonant est broyé. Ca serait dérisoire s’il ne s’agissait que de postures politiciennes, d’idéalismes ; mais il s’agit de modes de vie et d’identité des peuples, ça m’apparaît donc plus important qu’un désir d’afficher une ouverture d’esprit ou au contraire de jouer les rednecks guerriers sur qui on peut se reposer.

      « Instinctif », c’est le mot. Je n’avais pas formulé ça ainsi mais ce que tu dit s’accorde parfaitement. Malheureusement, MLP pâtine et pas que dans les sondages ; j’espère toujours une remontée, d’ailleurs je pense aussi que sa chute est largement accentuée ; néanmoins, je n’ai plus cette quasi-certitude d’une présence au second tour. Elle restera mon vote pour 2012 et, même si sa campagne devait décliner ou évoluer vers des terrains qui m’intéressent moins dans le mois à venir, elle sera de toute façon mon « vote utile ». A côté d’elle, j’estime que NDA a marqué beaucoup de points.

      Mélenchon n’est pas antimondialiste et encore moins déclaré, mais ses adversaires et boucs-émissaires ont beaucoup à voir avec la construction Mondialiste. Malheureusement, c’est un internationaliste, c’est un performer archaique et, encore une fois, un dogmatique. Mais je crois que beaucoup de ses électeurs se tourneront vers le Front National tel qu’il se refonde aujourd’hui, parce que la gauche anti-mondialisation et anti-libérale a plus à gagner avec des souverainistes authentiques qu’avec des valets masqués. Viendra un moment ou son camp sera vidé et n’attirera plus que des étudiants en mal d’idéaux, des utopistes et idéalistes chevronnés (type Arthaud/Lutte Ouvrière), des égarés et des conformistes qui s’ignorent (Poutou est le parfait représentant de ceux-là)… C’est déjà le cas, mais il a réussit, surtout depuis quelques semaines, à élargir sa base… Je ne sais pas pour combien de temps et j’espère que son public va « mûrir », dépasser un peu les vieilles définitions poussiéreuses ou l’obstination à échouer en se fondant dans un camp d’éternels râleurs inopérants, qui s’appelle le Gauchisme.

      En l’état, il y a trop de contradictions et de mutations de dernière minute chez Mélenchon. Certaines de ses analyses tiennent de la farce et ses conclusions sont des versions, en plus dramatique, de ce que proposent les partis dominants (par exemple sur l’immigration, sur le refus de raisonner l’emploi de l’argent public..).

  2. arielmonroe mars 25, 2012 à 15:01 #

    Ah!!!! Les choses s’éclaircissent pour moi et je comprend mieux l’orientation de ce blog (mais je sens que si je la dis, ça va mal se passer). J’aime bien l’expression des ‘libéraux-bourgeois’… je suis moins sûr de l’analyse, mais manifestement, nous ne sommes pas du même bord. Cette crainte de la mondialisation est logique mais on peut rendre les choses plus simples grâce à des règles, de la patience et beaucoup de bonne volonté. OK pour la peinture des nouveaux riches mais attention à ne pas perdre espoir pour autant.

    • zogarok mars 26, 2012 à 09:43 #

      Je n’ai pas dit un mot sur la mondialisation ; c’est un processus étroitement lié mais dissocié. Le Mondialisme est une idée et un horizon, pas une conséquence de phénomènes indépendants ; c’est un modèle et une réaction.

      Oeuvrer pour une Mondialisation sereine, je suis d’accord ; qui ne l’est pas (sans doute cela justifie votre intention de vote pour Bayrou ?). Mais le Mondialisme est une prescription délétère ; c’est ce que je crois en tout cas et que je raconte ici… & je ne suis pas le seul en ce moment et je le serais encore moins à l’avenir.

      • arielmonroe mars 28, 2012 à 09:25 #

        D’accord, par contre si on veut justement rationaliser tout ça, il faut quelqu’un de modéré et d’expérimenté, par un utopiste ou un révolutionnaire comme Marine Le Pen, Mélenchon, Nathalie Arthaud et les autres… En tout cas Bayrou n’est pas un « mondialiste » et pour le PS, je pense qu’ils le sont plus par passivité…
        C’est vrai qu’on commence à en parler mais ça reste flou, on ne sait pas ou ça va, on ne sait pas d’ou ça vient…

        • zogarok mars 28, 2012 à 12:53 #

          Ah, finalement Arthaud est sur le même plan que Mélenchon/Le Pen ? Je suis pointilleux ; c’est que votre confiance en Bayrou me laisse sceptique, même si je crois aussi que c’est le plus sage et le plus indépendant des « candidats du système ».
          Pour le Mondialisme, je ne saurais pas tout à fait dire d’ou ça vient, mais le définir aujourd’hui et pour demain me semble largement plus important. C’est probablement une notion chère à une certaine droite nationale, peut-être conservatrice, façonné face à un mélange des cultures facilité par les moyens contemporains. Mais cette notion, qui est sans doute une grille de lecture, une façon d’envisager le progrès et les perspectives mondiales, dépasse largement le cadre d’une droite aristocrate fin de race ; évidemment, elle trouve aussi écho chez tous les sceptiques ou anti-Globalisation, mais aussi chez ceux qui ont conscience que la défense des peuples passe par leur autonomie & aux patriotes qui refusent un (ou même des) superviseur(s), qu’ils soient techniques ou idéologiques.
          Là-dessus, Bayrou m’apparaît timide, encore à déterminer par rapport à cette ligne en tout cas…

  3. yoda août 30, 2012 à 17:57 #

    Comment tenir un tel discours tout en négligeant les francs-maçons. Dans leur charte ce sont des vampires, forcément ils participent à faire le chaos.

    • zogarok août 30, 2012 à 19:43 #

      C’est un groupe à l’intérieur mais dissocié comme un autre ; son existence n’est pas une menace, ce sont les lubbies de factions le composant qui interpellent. Mais ceux-là sont ici comme ils pourraient être ailleurs ; c’est une plateforme et une structure de pouvoir manquant de transparence ; s’il n’y avait pas cette institution-là, une autre s’y substituerait. Les  »vampires » sont là parce que c’est un écrin, ils seront ailleurs de toute façon.
      Quoiqu’il en soit, ce débat en m’intéresse pas (dans l’article-j’évoque le sujet pour le balayer, et pour parler de sujets graves en évitant ce genre de… scories). Si quelqu’un peut en parler en tant qu’expert, le Blog est là pour ça. Je ne dit pas que ce n’est pas sérieux (et vous avez raison, comme beaucoup d’autres, de vous y intéresser), mais je ne crois pas que ce soit intrinsèquement  »matriciel ». Ca fait partie d’un décors, tout en étant aussi autre chose.

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